samedi 8 août 2009

Le chantier de la deuxième campagne de fouille programmée sur l’épave Arles-Rhône 3 s’est achevé ce vendredi 31 juillet 2009



Un mois de fouille, c’est toujours bien trop court et c’est avec regret que nous avons procédé à la fermeture du site jeudi de la semaine dernière. Pour protéger l’épave et la retrouver intacte l’année prochaine, nous l’avons recouverte, comme l’année passée, par une toile géotextile sur laquelle nous avons réparti une cinquantaine de sacs remplis de sable. Le Rhône fera ensuite le reste du travail en apportant des sédiments qui finiront de recouvrir et de protéger intégralement l’épave.



Mise à l’eau des sacs de sable avant leur répartition sur le site pour la protection de l’épave

(photo S. Greck/Arkaeos)



Le travail sur l’épave s’est en réalité achevé mercredi 29 avec les derniers relevés d’architecture navale (planimétrie du plancher de cale et coupes transversales) réalisés par Pierre, Julien et Marion.


Jean-Luc confectionne une nouvelle barre de relevé verticale

(photo S. Greck/Arkaeos)



Pierre prépare les barres de relevé architectural

(photo S. Greck/Arkaeos)



Julien prépare une planchette de relevé plastifiée

(photo S. Greck/Arkaeos)


Sandra a pu de nouveau procéder au prélèvement d’échantillons de bois en privilégiant cette fois les pièces de la sole et de la charpente transversale de la partie arrière du bateau. Ces échantillons seront très prochainement analysés en laboratoire (à l’IMEP) en collaboration avec Frédéric Guibal.


Prélèvement à la scie égoïne d’un échantillon de bordé monoxyle de transition tribord

(photo C. Durand/CCJ-CNRS)


Des prélèvements d’autres natures ont été effectués cette année. Notamment, un échantillon supplémentaire de matériau d’étanchéité était nécessaire afin de contribuer à affiner les résultats de l’analyse palynologique menée par Valérie Andrieu-Ponel (IMEP) et permettre aussi de déterminer la nature des matériaux employés grâce à l’analyse de Fabienne Médard.


Identification et isolation des échantillons après prélèvement sous l’eau

(photo C. Durand/CCJ-CNRS)


Au final, et même si tous les objectifs de la campagne de fouille n’ont pas pu être atteints comme nous l’espérions, nous sommes pleinement satisfaits de cette mission qui nous a réservé bien des surprises. La fouille s’est en effet déroulée dans de très bonnes conditions (assez bonne visibilité, faible courant…) et le sondage a fourni une grande quantité de matériel qui va maintenant être dessiné par Assia Veleva puis étudié et conditionné au musée départemental de l’Arles antique par David Djaoui, assisté de Laurent Claquin. Cette étude nous permettra de mieux situer encore notre épave dans le dépôt portuaire du Ier s. apr. J.-C. Du point de vue de l’architecture navale, l’exploitation des données de fouille (croquis, relevés, observations…) par Pierre Poveda et Sabrina Marlier devrait nous permettre de mieux appréhender la partie centrale de ce bateau et ses aménagements intérieurs.


Pierre met au propre le relevé de la planimétrie du plancher de cale

(photo S. Greck/Arkaeos)


Enfin, les échantillons de bois prélevés par Sandra Greck vont permettre de favoriser, par leur analyse dendrochronologique, la détermination de la date de construction de l’embarcation et, par leur analyse dendromorphologique, d’enrichir les données acquises concernant l’économie du matériau exploité pour les besoins de cette construction.

Menées en parallèle, toutes ces études ont pour finalité d’appréhender l’épave sous tous ses aspects afin de mieux connaître ce chaland gallo-romain naufragé dans les eaux du Rhône il y a 2 000 ans.

Une dernière campagne de fouille est programmée l’année prochaine et, à son issu, il est prévu de publier l’ensemble de notre étude dans une monographie consacrée à Arles-Rhône 3. En attendant, sachez que vous pourrez retrouver notre épave dans l’exposition qui sera consacrée dès l’automne à César, le Rhône pour mémoire au Musée départemental de l’Arles antique (www.arles-antique.cg13.fr/mapa_cg13/r05_expos/ 050101.htm). Dans ce cadre, un petit film 3D réalisé par des étudiants de Supinfocom (Arles) et présentant une hypothèse de restitution de notre chaland sera diffusé en continu. Un film documentaire de 52’ réalisé par Mathieu Pradinaud sera également projeté de façon hebdomadaire dans l’auditorium du musée (programme de l’exposition bientôt disponible sur le site Internet du musée). Ce film montrera essentiellement les travaux de la fouille en 2008, quelques séances de travail en laboratoire réalisées ensuite, ainsi que des images de la campagne de 2009 lors de laquelle Mathieu est venu nous rendre visite.


Mathieu découvre et filme les objets découverts en 2009 que lui présente Ethel

(photo S. Greck/Arkaeos)


Enfin, sachez que Sabrina Marlier, Sandra Greck, Frédéric Guibal et Valérie Andrieu-Ponel présenteront une communication sur l’épave Arles-Rhône 3 dans un colloque international d’archéologie navale qui aura lieu à Istanbul en octobre prochain (www.isbsa.org/info.htm). Et nous continuerons, comme nous l’avons fait tout au long de l’année, et de façon encore plus accentuée avec nos médiations du mercredi tout au long de ce mois de juillet (près de 400 visiteurs !), à présenter notre travail et les résultats de notre étude au travers de conférences grand public dans la région (pour vous tenir informé, rendez-vous sur www.arkaeos.fr).

Pour conclure cette dernière page de blog, nous tenons finalement à remercier toute l’équipe de fouille dont nous vous présenterons un "trombinoscope" très prochainement, les partenaires qui nous ont soutenus (le DRASSM, le Musée départemental Arles antique, le Centre Camille Jullian, l’IMEP, le CG13, la Ville d’Arles, le GRASM, Strati-Concept, le Lion’s Club, Ibis et 2ASM) ainsi que les collaborateurs et autres chercheurs qui sont venus nous rendre visite. Enfin, nous remercions tous les visiteurs qui sont venus écouter le récit de nos recherches sur les bords du Rhône et voir évoluer en direct les archéologues-plongeurs.

à vous tous, donc, merci et à l’année prochaine.


Sabrina Marlier, Sandra Greck